Narrations spatialisées, kesako ?

Une proposition de définition

Au sens très large, toute narration est spatiale puisque, pour reprendre Fernando Lambert « Toute action racontée est obligatoirement située dans un espace et dans un temps qui lui sont propres ». Fernando Lambert parle de la narrativisation de l’espace dans le roman, c’est-à-dire l’inscription de l’espace dans le récit, par la narration. L’objectif est de se situer dans l’histoire.

Dans la recherche d’une définition des nouvelles formes de narrations liées à l’espace, Nathalie Paquet propose de nommer « narration spatialisée » une narration qui possède une structure et des caractéristiques spatiales. Ce qui la distingue de la narrativisation de l’espace est le fait que l’espace en est une composante intrinsèque et un pilier : il la structure et l’oriente.

La conception spatiale de la narration a été théorisée dans les jeux vidéo, notamment par Celia Pearce (1997), Janet Murray (1997) et Henry Jenkins (2007). Henry Jenkins parle de « Récit spatial et narration environnementale ». La structuration spatiale du récit dans les jeux vidéo correspond pour certains aspects aux mêmes problématiques que celles du territoire.

Une tentative de classification

Concernant la narration spatialisée, outre la différence d’objet (le réel et la fiction), il existe une différence de support (expérience en ligne ou in-situ), ce qui donne quatre types de narrations spatialisées.

Ces différentes narrations pourraient être représentées ainsi :

narrationspatialisee-nathaliepaquet

 

Cette matrice est une proposition. Elle est née de lectures, des dispositifs spatialisés conçus et des échanges avec des explorateurs narratifs.

Bien entendu, il peut y avoir une combinaison de ces différents types de narration avec prédominance de l’un d’entre eux. La grille pourrait se voir en trois dimensions afin de montrer que certains types de narration se situent à plusieurs niveaux ou frontières, mais elle permet d’ores et déjà de nommer et de situer. C’est une matrice qui interroge les spécificités, les apports de chaque type de narration spatialisée et les imbrications possibles. Nommer et situer nous permet d’échanger, de partager et de créer ensemble de nouvelles formes de narrations spatiales.

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